Il était une fois La Péniche

Née de la volonté de donner corps à une autre vision du travail et de l’économie, La Péniche a fait le choix de l’autogestion. Mutualisation des compétences, propriété égale de l’entreprise, partage du pouvoir, salaire unique…

 

Une conception autogérée de l’entreprise

Anciens des éditions Syros, journalistes, étudiants, correcteurs, maquettistes, les fondateurs de la Péniche voulaient mettre leurs compétences au service d’un projet économique sans hiérarchie, inégalités ou compétition. Fin 1995, ils créent à Paris une SARL autogérée, où tout le monde est actionnaire au même niveau.

Les premiers travaux se font en sous-traitance pour des maisons d’édition ou des organismes de l’économie sociale et solidaire (rédaction pour dictionnaires, actes de colloques, construction d’index, plaquettes historiques, guides thématiques…).

 

Vaches maigres et entrepreneuriat solidaire

Comme toute jeune société, La Péniche connaît sa période « vaches maigres » : les petits contrats peu rentables, les « démarchages clients » coûteux et pas toujours fructueux. Mais la culture du collectif permet de garder le cap. A plusieurs, on se soutient, on se relaie, on se décourage moins. Les échecs ne sont pas une affaire personnelle et les réussites sont d’autant plus fortes qu’elles sont celles de tous.

Tous ensemble, tous entrepreneurs : en trois ans, la Péniche trouve son rythme de croisière. Aux deux premiers salariés, à temps très partiels, des origines sont venus s’ajouter, au rythme d’un par an, de nouveaux salariés-associés. A partir de 1998, en se spécialisant dans l’information associative, la Péniche voit son chiffre d’affaires progresser.

 

Passage en Scop et déploiement des activités web

Au début des années 2000, la Péniche déploie une activité essentiellement éditoriale pour des institutions ESS comme la Caisse d’Épargne ou le magazine Associations Mode d’Emploi. C’est également la période où nous commençons à nous intéresser aux possibilités du web participatif avec les sites educ-pop.org ou apress.org et la publication d’un ouvrage sur la participation au débat public et Internet.

Cette période de croissance s’accompagne d’un développement géographique : à partir de 2002, un des salariés s’installe à Grenoble et commence à y implanter des activités. La Pénichelance fin 2003 le site participatif www.alpesolidaires.org. En 2004, nous optons pour le statut de Scop et inscrivons ainsi notre fonctionnement autogéré dans nos statuts.

 

Recomposition et nouvelles dynamiques

En 2007, les salariés de la Péniche décident de suivre des voies différentes d’où naîtront la Navette, scop autogérée de Faux La Montagne (Creuse) et la Pirogue (Paris). L’aventure de la Péniche continue elle avec une équipe resserrée (3 coopérateurs) à Grenoble.

En se concentrant sur la conception et l’animation d’outils web participatifs, la Péniche se développe à nouveau au rythme d’un coopérateur par an, investit les nouveaux métiers du web (community management, vidéo,…) et se frotte à l’événementiel. La réussite du projet YESS ! vient valider qu’une dynamique de web participatif peut se transformer en large mobilisation collective.

Aujourd’hui, La Péniche c’est 7 salarié(e)s, et des projets plein la tête.

L’histoire autogérée continue…